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Haïm – à la lumière d’un violon

SPECTACLE

Haïm – à la lumière d’un violon retrace la vie réelle de Haïm Lipsky, juif polonais né à Lodz en 1922 dans une famille ouvrière pauvre, devenu violoniste à force de volonté, et sauvé de l’enfer concentrationnaire grâce à la musique.

Texte et mise en scène de Gérald Garutti


Note

« Un voyage à travers les émotions, le sens et l’Histoire, à la croisée de l’intime et de l’universel. »Gérald Garutti Haïm, à la lumière d’un violon a commencé par un hommage. En octobre 2008, salle Cortot, quatre musiciens et un narrateur-metteur en scène improvisaient un récital pour saluer le destin de Haïm Lipsky. De cette évocation inaugurale s’est imposée la nécessité de poursuivre ce récit, sous une forme plus ample, plus complète, plus construite. Avec, pour horizon, un spectacle où les mots et les notes sauraient raconter, de concert, l’histoire de Haïm.

Le premier enjeu a été de recomposer au plus près cette vie criblée par l’Histoire. De retrouver sa trace à travers les témoignages de Haïm et de ses enfants (Shifra Sluchin et Arie Lipsky) et de ses petits-enfants (Naaman Sluchin), qui nous ont ouvert leur mémoire et leurs archives. De ces souvenirs croisés s’est éclairé un parcours inouï, de la Pologne natale à la Terre promise, de la destruction du Yiddishland à la fondation d’Israël – grâce au miracle d’une survie à la Shoah. Raconter une telle traversée exige rigueur et précision historique sans failles. L’enquête se poursuit. Avec, pour limite perpétuelle, le seuil de l’indicible.

À sa sortie d’Auschwitz, Haïm rejette le polonais pour ne plus parler que deux langues : le yiddish et le silence. Aujourd’hui, à 90 ans, il parle hébreu. Mais toute sa vie, sa langue de coeur aura été la musique. En elle comme chez lui résonnent l’optimisme de la vie, la pudeur de l’humour et la résilience du combattant. A chaque instant, le chemin de Haïm a baigné dans la lumière du violon – lueur fragile qui, seule, le sauva de l’extermination nazie.

Faire entendre les différents moments de cette vie constitue donc un triple défi : historique, littéraire, et musical. D’une musique à l’autre, d’une époque à l’autre, mélodies klezmer et morceaux classiques scandent la vie de Haïm, avec un égal souci de vérité. Plongeant dans la musique, les textes et l’Histoire, les membres de la troupe ont mené une recherche approfondie, dans la patience de l’artisanat et l’exigence d’authenticité, afin de dessiner le récit d’une vie, avec sa mélodie singulière et ses silences.

Gérald Garutti

 


Distribution

Comédienne-conteuse : Mélanie Doutey
Violon : Yaïr Benaïm
Piano : Dana Ciocarlie
Accordéon : Alexis Kune
Clarinette : Samuel Maquin

Équipe artistique

Assistants à la mise en scène : Léonard Matton et Raphaël Joly
Costumes : Thibaut Welchlin
Photographie : Olivier Roller
Calligraphie : Franck Lalou
Conseillère biographique : Shifra Sluchin
Régie générale et lumière : Jérôme Delporte
Régie son : Olivier René

production C(h)aracteres
coproduction Théâtre de l’Ouest Parisien, Boulogne-Billancourt
avec le soutien de l’Institut Rothschild, la Franprix-Holding

 


Extraits

LE CONTEUR

Comment vous raconter cette histoire ? Comment vous dire cela ? Le silence seul, peut-être, pourrait y faire écho. Le silence seul – ou, peut-être, ce noyau de silence d’où jaillit la musique. Oui, au-delà du silence, la musique, seule, peut-être, pourrait-elle vous dire, sans mentir, sans la trahir, l’histoire de Haïm Lipsky. Voici donc le fil ténu d’une vie taillée à coups d’archet – à la lumière d’un violon.